A la découverte du Rione IV : Campo Marzio

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Rione IV Campo Marzio

Campo Marzio (champ de Mars) est le quatrième rione de Rome. Il était dévolu pendant l’Antiquité aux exercices militaires et appelé ainsi en référence au Dieu de la guerre. Alors qu’il s’étendait bien plus au sud, on entend de nos jours par Champ de Mars uniquement la zone située entre la colline du Pincio et le Tibre. La partie ouest du quartier tire son nom des trois rues qui partent de la piazza del Popolo (via del Babuino, via del Corso, via di Ripetta) en formant un “trident”.

Historique du quartier
Rione IV Campo Marzio
Dans la Rome antique ce sont les empereurs qui étendent la ville au-delà du Palatin et du forum vers le champ de Mars. En 27 av. J.-C., Auguste, le premier empereur romain commande la construction d’un mausolée pour lui et ses descendants, aujourd’hui les archéologues travaillent encore à sa reconstruction Piazza Augusto Imperatore. Quant à l’autel de la Paix, l’Ara Pacis musée et lieu d’exposition temporaire aujourd’hui, il est inauguré par Auguste en 9 avant J.-C. pour célébrer la fin de la conquête de la Gaule et de la péninsule ibérique.

Pendant longtemps les constructions sont rares dans cette sorte de champ recouvert par de nombreuses vignes. Mais le Moyen Âge finissant, le quartier acquiert une certaine importance et prend même un caractère cosmopolite. Cela tient pour beaucoup à la proximité du Tibre et en particulier du port de Ripetta, véritable lieu d’échanges commerciaux qui attire de nombreux étrangers.

Au XVIème siècle le pape Léon X décide l’aménagement du quartier proposant notamment l’ouverture de l’axe en forme de trident qui permet de drainer la circulation des pèlerins, entrés porta del Popolo, vers les points centraux de la ville. La via del Corso est ainsi appelée en raison des différentes courses qui s’y déroulèrent pendant la Renaissance. En effet, lors du Carnaval, on y voyait des courses spectaculaires d’hommes, d’ânes, de buffles et de chevaux.

En 1674, le palazzo di Spagna est construit pour accueillir l’ambassade d’Espagne près le Saint Siège, l’édifice donne son nom à la place enrichie en 1756 de la fontaine dite « Barcaccia » (gros bateau), et en 1854, de la Colonne de l’Immaculée. Dans la première moitié du XVIIIème  siècle, Francesco de’ Santis réalise les escaliers menant à l’Église française de la Trinité-des-Monts, trouvant une solution théâtrale pour résoudre le problème du dénivellement. En haut de la colline domine aussi la splendide Villa Médicis qui accueille l’Académie de France à Rome depuis 1804. Les hiéroglyphes de l’obélisque Sallustiano sont des imitations de ceux qui figurent sur la base de l’obélisque qui s’élève piazza del Popolo.

La colline du Pincio inspire les poètes et les peintres européens à partir du  XVIème siècle et jusqu’au XVIIIème. Certains d’entre eux séjournent dans les beaux palais des rues Sistina et Gregoriana et se retrouvent dans les nombreux cafés des environs. Citons notamment le Café Greco où se rendaient Goethe, Byron, Gogol et vers la moitié du XXème siècle Orson Welles et Federico Fellini.

Outre l’élévation de la plupart des immeubles, les principaux changements qui affectent le quartier du Trident au XIXème sont l’aménagement de la Piazza del Popolo et la terrasse du Pincio par Giuseppe Valadier. Les dernières mutations du rione adviennent sous le fascisme notamment avec la construction de l’axe de la via dei Tomacelli et du pont Cavour pour relier Prati, le nouveau quartier résidentiel.

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Le rione Campo Marzio aujourd’hui…
Pas de grande marque italienne ou internationale qui n’ait son pas de porte dans la via dei Condotti ou dans une rue avoisinante. Ce rione a aussi le monopole des hôtels de luxe et d’appartements de charme. Depuis peu, les rues du Trident sont devenues piétonnes pour la plus grande satisfaction des shoppers invétérés. Fidèle aux temps anciens la via del Babuino accueille les antiquaires, et la via Margutta, les ateliers d’artistes et les galeries d’art. La piazza del Popolo est quant à elle, le lieu de nombreuses manifestations culturelles ou politiques.