Le mur Aurélien, vestige de l’histoire de Rome

1363
Mur Aurelien

Relativement méconnu des visiteurs de passage à Rome, le mur Aurélien est pourtant un élément incontournable des habitants de la ville éternelle. Il leur sert en effet de repère indispensable pour se situer dans la cité. Pour comprendre Rome dans sa globalité, il faut donc partir du Mur Aurélien qui entourait la ville jusqu’au XIXème siècle. Depuis que Rome est la capitale Italienne, la ville s’est considérablement étendue. Aujourd’hui, l’entrée dans l’enceinte du mur Aurélien signifie que vous arrivez dans le centre et l’ensemble correspond aujourd’hui au 1er Municipio (en y ajoutant les rione du Borgo et de Prati).

Un mur presque deux fois millénaire
A l’apogée de l’Empire Romain, la ville compte plus d’un million d’habitants et de multiples quartiers se sont édifiés largement au-delà de la muraille Servienne construite sous la république romaine. Ce sont des siècles de sécurité ou il n’y a pas besoin d’un mur de protection supplémentaire, les légions romaines contrôlant à merveille tout le bassin méditerranéen. Les problèmes commencent au IIIème siècle après J-C, l’Empire subit la pression de tribus barbares au Nord et à l’Est. L’empereur Aurélien juge donc utile de protéger Rome d’une muraille qui puisse dissuader toutes velléités de raid sur la ville. Les barbares n’ayant pas l’habitude des sièges longs, se limitant à des pillages de cités non protégées, la construction d’un mur relativement modeste suffit donc à ne plus faire de Rome une cible facile. Terminé en 282, le mur s’étend sur 19 kilomètres entourant une superficie de 13.7 km². Large de 3.5 mètres et haut de 8 mètres, il compte vers 500 après J-C, 383 tours et 18 portes principales.
Ce mur n’empêchera pourtant pas le sac de Rome par les Wisigoths en 410, ni celui des Vandales en 455 ou encore celui des Ostrogoths en 546. Faces aux menaces, on décide au Vème siècle de doubler la hauteur du mur pour la porter à 16 mètres.

Un tracé qui laisse le Vatican vulnérable jusqu’au IXème siècle
Tracé Mur AurelienLe mur Aurélien sera rapidement construit, on s’aidera de murailles existantes mais surtout de monuments, bâtiments pour accélérer et en faciliter la construction. La pyramide de Cestius, ou les aqueducs de Porta Maggiore seront par exemple intégrés au mur.
Pour le tracé choisi, Aurélien décide d’atteindre la rive droite du Tibre et ainsi de s’aider du mont Janicule pour protéger le quartier du Trastevere. Seulement, Le Vatican ne sera jamais protégé, la basilique de Constantin, construite au IVème siècle à l’emplacement actuel de la basilique Saint Pierre, reste en dehors des murailles comme San Paolo fuori le mura. Ces deux basiliques seront pillées par les Sarrasins en 846. Le pape Léon IV décide alors de construire une petite muraille entourant le Vatican qui sera appelé le mur Léonin long de 3 kilomètres. L’enceinte correspond aujourd’hui en partie à la cité du Vatican et vient compléter le système de fortification de la ville.
Les Papes régnant sur les Etats Pontificaux et donc sur Rome vont prendre soin du mur Aurélien en le modernisant régulièrement pour faire face aux incursions potentielles. C’est grâce à ces rénovations successives que la muraille est aujourd’hui très bien conservée notamment au sud entre la Porta San Giovanni et la Porta San Paolo, un trajet qui mérite par ailleurs une belle balade à vélo.

La percée de la Porta Pia en 1870
Les troupes italiennes vont réussir une percée à proximité de la Porta Pia au nord-est de la ville pour déloger le Pape et terminer l’unification de l’Italie. « La brèche de la Porta Pia » sera le symbole de la chute du pouvoir temporel du pape à Rome.
A partir de cette date, le mur n’aura plus d’utilité défensive, des portes seront donc complètement ouvertes (Porta Salaria) dans le cadre du développement de la nouvelle capitale.

Le musée des murs de Rome
Ouvert en 1990, le musée « des murs » est situé dans la porte Saint Sébastien au sud du centre sur la via Appia Antica. Il reprend l’histoire des différents murs romains, leurs techniques de constructions et permet d’arpenter une partie du tronçon du mur Aurélien jusqu’à la via Cristofo Colombo.
Le musée est gratuit
Via di Porta San Sebastiano, 18- 00179 RomaDu mardi au dimanche de 9h à 14h