Le phare de Rome

812
Phare Manfredi Gianicolo Rome
Crédit photo : Flickr – Frank Paul Silye

Rome se situe à près de 25 kilomètres de la mer mais que fait donc un phare sur les hauteurs de la colline du Janicule ?

La colline du Janicule, considérée comme la huitième colline de Rome – elle ne fait donc pas partie des sept collines historiques de Rome – est située dans le rione de Trastevere. Elle a joué un rôle important dans l’histoire de la ville et de l’Italie et s’est aujourd’hui une zone très agréable où se promener, profiter du panorama sur la Terrasse du Janicule (un des endroits les plus romantique de Rome) ou observer le tir du canon du Janicule.

Un peu d’histoire
Lors du Risorgimento, en 1849, la colline du Janicule a été le champ de bataille où Garibaldi a résisté pendant des semaines, avant d’être écrasé, aux attaques des troupes françaises intervenant pour la défense du pape Pie IX.
Le sommet présente d’ailleurs des sculptures du général pour lui rendre hommage ainsi que de nombreux demi-bustes de marbre, portraits d’illustres personnages de cette époque, notamment des défenseurs de la République Romaine.

Le phare
Le phare du Janicule est aussi appelé Phare de Rome ou Phare des italiens d’Argentine. Il a été construit par l’architecte Manfredo Manfredi, auteur de la tombe au Panthéon de Vittorio Emanuele II et collaborateur de la réalisation de l’Altare della Patria (Piazza Venezia).
Le phare est fait de pierre blanche de Botticino (un calcaire de Lombardie), il a une hauteur de 20 mètres et s’inspire des formes de l’art classique. Sur un socle circulaire de dix mètres de diamètre, s’élève une colonne surmontée d’un chapiteau sur lequel est gravée l’inscription : A ROMA CAPITALE – GLI ITALIANI D’ARGENTINA – MCMXI (Pour Roma Capitale – Les italiens d’Argentine – 1911). Au-dessus du chapiteau se trouve un autel circulaire orné de quatre protomés léonins, reliés par des festons. On peut accéder à la lanterne par l’escalier en colimaçon qui mène au chapiteau puis par une échelle en fer.
Le phare a été construit en un an, le déclenchement de la grande guerre ayant retardé l’inauguration officielle qui aura finalement lieu en 1920.

Plus qu’un phare, un monument national
Comme vous l’avez compris, il ne s’agit pas d’un véritable phare, mais d’une construction ayant une fonction commémorative en tant que monument national.
Le phare a été érigé grâce à l’initiative d’un comité d’Italiens résidant à Buenos Aires pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’unification de l’Italie et témoigner de leurs liens avec leur patrie d’origine.
Le projet a été financé par les membres du comité, l’Argentine était à l’époque un pays très riche et la destination par excellence de l’émigration italienne.
La municipalité a choisi un site situé à seulement 400 mètres du monument à Giuseppe Garibaldi pour sa riche valeur symbolique à saveur patriotique et parce qu’en tant que colline panoramique, le Gianicolo avait également l’avantage de permettre de voir le phare et sa lumière même à des endroits très éloignés de la ville.
À l’origine, la lanterne du Phare du Janicule était en service toutes les nuits et éclairait les toits de la ville avec un faisceau tricolore (vert, blanc rouge) aux couleurs du drapeau italien ; à présent, elle n’est allumée que lors des jours fériés ou d’occasions spéciales.