Les grandes familles romaines : les Médicis

1500
Villa Medicis arriere

Les Médicis sont assurément la famille la plus renommée de l’Italie de la Renaissance. Ce nom, presque synonyme de mécène, tant cette famille a marqué le monde artistique de l’époque en finançant, protégeant et développant les arts, est intimement lié à Florence, la ville de toujours des Médicis.

Ainsi s’ils ne sont pas Romains, comment expliquer leur présence dans cette série sur les grandes familles de la Ville éternelle ?
Toscans et Florentins, ils méritent pour autant leur place parmi les Farnèse, Colonna et autres, étant donné leur influence à Rome pendant la Renaissance.

Une famille de banquiers toscans qui se tourne vers la politique
Tout commence vraiment pour la famille en 1397, lorsque Jean de Médicis fonde la banque des Médicis à Florence. Rapidement, elle devient la banque la plus importante au XVème siècle, prêtant aux rois, princes, papes et à tous les grands de ce monde. Jean crée des filiales à travers l’Europe, deux à Rome et à Venise et 8 autres plus tard un peu partout en Europe. Devenue riche, même très riche, avec ses activités bancaires et sa diversification dans des ateliers de laine, la famille va décider de s’engager dans la vie politique de l’époque. Le fils de Jean, Cosme l’Ancien, va porter à merveille sa famille dans son ascension à Florence et en Italie. Il parvient à se débarrasser de l’oligarchie qui régnait sur la ville pour en prendre la place, en laissant un semblant de pouvoir aux institutions de la République de Florence. Fin tacticien, il place ses pions stratégiquement dans les hautes instances et contrôle la cité.

Laurent le Magnifique et l’apogée de Florence
Sous son « règne », Florence vit les plus glorieuses années de son existence. La ville est largement embellie, c’est une capitale artistique et de l’intelligentsia de premier plan. Laurent est également un fin stratège, composant avec les autres puissances pour garantir la paix et la prospérité du commerce à Florence. Il meurt en 1492, c’est la fin de la première phase des Médicis, la plus glorieuse et axée exclusivement sur Florence.

Les Médicis, chassés de leur ville vont s’aider de Rome
Les Florentins, mécontent des conditions de paix négociées avec les armées françaises par les Médicis, chassent la famille de Florence. Humiliés, les anciens maîtres de la ville se dispersent. Certains rejoignent Rome, ville bien connue des Médicis d’où ils tirent entre 1/3 et la moitié des bénéfices bancaires via leur succursale romaine. Giovanni de Médicis, le fils de Laurent le Magnifique, nommé cardinal, achète le palais Madama à Rome en 1505, l’actuel siège du sénat italien. Le bâtiment servira de base pour la famille à Rome. En 1513, les Médicis vont porter à la tête de l’Église Catholique Giovanni, qui devient Pape sous le nom de Léon X. Ayant depuis longtemps compris l’intérêt du Saint-Siège, le nouveau pape en profite pour se réapproprier Florence qu’il dirige depuis Rome. Comme souvent au Vatican, Léon X va faire du népotisme en nommant son cousin Jules de Médicis cardinal. Ce dernier sera nommé Pape en 1523 sous le nom de Clément VII. Lors du conclave de cette année-là, Jules affronte les cardinaux des grandes familles Romaines (Pompeo Colonna, Alessandro Farnèse, Francesco Orsini). Cette victoire, après un conclave interminable démontre le pouvoir et la conquête de Rome par les Médicis. Clément VII sera humilié publiquement lors du Sac de Rome par les armées de Charles Quint en 1527, obligé d’être reclus au château Saint-Ange.
Après Clément VII, les Médicis parviennent à conserver Florence et la Toscane près de deux siècles. Ils seront ducs de Florence et grands-ducs de Toscane, deux reines de France seront des Médicis (Catherine et Marie) aidant évidemment aux relations diplomatiques. Enfin, en 1743, Anne-Marie-Louise, la dernière de la famille, meurt en léguant le trésor des Médicis à l’État Toscan à condition qu’il reste à Florence et soit à disposition du public.

Stemma_dei_Medici

Les célèbres armoiries de la famille
Omniprésentes en Italie, à Rome, mais surtout en Toscane et à Florence, les armoiries des Médicis sont facilement reconnaissables dans les rues et à l’entrée des bâtiments. Elles se composent de 5 « boules » rouges et d’une dernière plus imposante bleue dans laquelle sont inscrites trois fleurs de lys dorées en référence à la monarchie française. Au fil des époques, l’armoirie a évolué, on a compté jusqu’à 11 boules. La signification de ce blason familial n’est pas entièrement connue. Diverses hypothèses tentent de l’expliquer : l’une d’elles considère que ces boules seraient les empreintes de la massue laissée par le géant Mugello sur le bouclier d’Averardo de Médicis, le père de Jean, le fondateur de la banque Médicis ; d’autres théories relient les boules à des pilules médicinales, qui feraient référence ainsi au nom de la famille, ou à des oranges symbolisant le commerce avec l’Orient.

Les Médicis et Rome, quel héritage ?
La famille a été d’une très grande fidélité à Florence, qu’elle n’a jamais vraiment quittée et toujours continué à embellir. Les papes Médicis ne vont pas se détourner de la cité Toscane ; et au contraire, profiter du Saint-Siège pour investir à Florence. Pour autant, les Médicis seront généreux avec Rome, ils enverront les plus grands artistes de la Renaissance travailler à Rome, construiront et rénoveront des grands palais romains. Le palais Madama comme dit plus haut, mais également la Villa Madama… située sur le Monte Mario et initiée par Léon X pour son cousin Jules de Médicis, le futur Clément VII. Ayant une vue incroyable sur Rome, la villa sera décorée par les plus grands artistes de l’époque comme Peruzzi, Penni, Giulio Romano et surtout Raphaël. Les Médicis avaient également le Palazzo Firenze, mais surtout la célèbre Villa Médicis sur le Pincio (vue de l’arrière de la Villa Médicis sur notre photo) achetée en 1576, c’est-à-dire, après la grande époque de la famille. Ferdinand de Médicis veut en faire un somptueux palais et fait appel à Bartolomeo Ammannati pour agrandir le bâtiment existant et à Jacopo Zucchi pour la décoration intérieure.
Les papes Médicis, grands mécènes et grands constructeurs à Rome participeront également à l’édification de la basilique Saint-Pierre comme à la rénovation du Palais pontifical et des célèbres chambres de Raphaël.

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