Rome, la ville aux 7 collines

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7 collines rome antique

« Nous sommes ici en haut du Pincio, l’une des 7 collines de Rome » raconte le père aux enfants, fier de sa culture historique et géologique de la cité éternelle.
Pourtant, Papa s’est trompé. Malgré les évidences, le Pincio ne fait pas partie des 7 collines historiques de Rome. Ces dernières, souvent utilisées comme surnom à la ville lorsque l’on cherche à éviter les répétions où à faire le savant, sont souvent plus méconnues.
C’est alors que le fils intervient, bien aidé par son Smartphone pour faire la leçon à son géniteur. Dans la « liste officielle » il n’y a ni Pincio, ni Gianicolo mais le Celio, le Viminale, l’Esquilino, l’Aventino et les très connues Quirinale, Campidoglio, Palatino.

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Pourquoi 7 collines ?
En reprenant depuis le début l’histoire romaine, avant même sa création légendaire par Romulus, on s’aperçoit que ces collines étaient déjà habitées. On en comptait bien plus de sept, elles permettaient facilement de se défendre. Certaines d’entre elles étaient d’ailleurs entourées de palissades. A la fin du IXème siècle avant J-C, les villages des différentes collines se réunissent pour une fête appelée le Septimontium (Sept monts en Latin) le 11 décembre. Des processions, des sacrifices étaient organisés. C’est la naissance du mythe des 7 collines. Progressivement, avec le développement de la ville, l’ensemble évolue, certaines collines quittent le groupe pour laisser la place à d’autres plus grandes. Les sept qui feront l’histoire et la tradition forment un arc de cercle autour du Palatin sur la rive gauche du Tibre. Les grands architectes et urbanistes romains vont par ailleurs modeler la ville à leur guise en déformant les lieux. Des collines seront presque rasées pour la construction de palais. La Rome de l’Empire n’est déjà plus celle de Romulus.

7 collines avantinoL’Aventino
La plus au sud des sept collines, au-dessus du Tibre, l’Aventin fut intégré « au groupe » assez tardivement lors de l’agrandissement de la cité. Elle est située au sud du Circo Massimo qui le sépare du Mont Palatin de Romulus. C’est ici que selon la légende, Remus s’installa « hors de la ville » face à son frère. Le 1er roi de Rome l’enterra sur l’Aventin là où il s’était installé.
Aujourd’hui on y trouve notamment l’ordre de Malte, le Giardino degli Aranci et le Roseto.

Le Celio
Connu pour être une marque de prêt-à-porter, le Celio est surtout une des 7 collines de Rome situé à l’est du Palatin. Longue de deux kilomètres, elle démarre au pied du Colisée qu’elle surplombe pour terminer au niveau de la Porta Maggiore lorsqu’elle rejoint l’Esquilino. Autrefois populaire sous la république, la colline s’embourgeoise sous l’empire et devient peu à peu un quartier de Patriciens avec ses villas et jardins.
On y trouve la basilique San Giovanni in Laterano.

L’Esquilino
Située à l’est du centre historique, la colline de l’Esquilino était à l’origine reliée au Palatin par une autre petite colline nommée Velia. Elle était alors dans sa plus grande partie une nécropole, le cimetière de l’époque et donc considérée comme dangereuse, habitée de sorcières. C’est aujourd’hui une zone densément peuplée, très multiculturelle notamment lorsque l’on se rapproche de la Piazza Vittorio Emanuele II.

Le Viminale
Coincée entre le Quirinale au nord et l’Esquilino au sud, la colline est intégrée au VIème siècle avant J-C à Rome lorsqu’on construit le mur d’enceinte du Roi Servius Tullius. Autrefois un village indépendant, elle est toujours restée un peu à l’écart de la cité, ne comportant que peu de monuments importants. La colline a donné son nom au Palais du Viminal construit au début du XXème siècle pour devenir ensuite le siège du ministère de l’Intérieur.

7 collines quirinalLe Quirinale
Célèbre colline de Rome, elle est surtout connue pour abriter le palais présidentiel italien construit par la Papauté à la fin du XVIème siècle. C’est aussi la plus septentrionale des collines romaines et la plus haute, culminant à 61 mètres. Autrefois habitée par les Sabins qui battirent un autel en honneur du dieu Quirinus et qui donna le nom au lieu, elle fut ensuite et jusqu’à aujourd’hui un quartier romain riche en temples, palais puis églises (Palais Barberini, Santa Maria della Vittoria, Santa Susanna).

Le Palatino
On entre à présent dans le « Top » des sept collines romaines. Le Palatin comme écrit plus haut, occupe une position centrale dans la Rome de l’antiquité surplombant le forum romain d’un côté et le Circo Massimo au sud.
Selon Tite Live, le célèbre historien romain, c’est là que se déroulèrent les événements précédant la création de Rome et que Romulus s’installa. Plus tard, les empereurs romains firent tour à tour construire leur palais principal. Auguste, Tibère, Caligula, Néron et sa Domus Aurea s’étendant jusqu’au Palatin, et surtout Domitien façonnent ce qui doit devenir le centre de l’Univers. Avec la décadence de l’Empire romain et sa chute au Vème siècle, le mont ne devient progressivement qu’un champ de ruines délaissé par la noblesse romaine. Il faudra attendre la renaissance où les Barberini et les Farnèse réinvestissent les lieux en y installant de somptueux jardins.
Depuis, le Palatin est essentiellement un lieu d’explorations archéologiques, en 2007 fut découvert ce qui serait au pied de la colline, la grotte du Lupercale ou la louve aurait allaité Remus et Romulus.

7 collines capitoleLe Campidoglio
« Caput Urbis »
« Le lieu principal de la ville » d’hier à aujourd’hui, le centre religieux de l’antiquité et politique d’aujourd’hui.
Forteresse naturelle de par la raideur de ses côtés, c’est la plus petite des 7 collines romaines, longue de seulement 460 mètres et large de 180 mètres. Situé à un endroit stratégique entre le Forum et la plaine du Champ de Mars, elle permettait en outre de contrôler les traversées et les allées et venues sur le fleuve.
Son nom vient du latin « caput » qui signifie « tête » mais aussi « principal », le Capitole était le centre religieux de l’Empire romain puisqu’il abritait le temple de Jupiter, celui de Junon et Minerve. Romulus avait, peu après la création de Rome, initié le caractère sacré du lieu en y installant un refuge.
Centre du pouvoir spirituel pendant l’antiquité, le lieu est laissé à l’abandon au Moyen-Age jusqu’à la Renaissance et l’intervention de l’inévitable Michel-Ange qui dessina une nouvelle place qu’on peut encore admirer aujourd’hui. Le Palais du Sénat abrite la mairie de Rome au centre des musées du Capitole ouverts en 1471 par le Pape Sixte IV.
Aujourd’hui, le nom « Capitole » a été repris comme dans les colonies romaines d’autrefois, pour symboliser le centre du pouvoir dans de nombreuses autres villes (Toulouse, Washington et le congrès).

Bien évidemment, il existe également le célèbre Pincio et son point de vue incomparable sur la Ville éternelle au-dessus de la Piazza del Popolo. Enfin, le Gianicolo (Janicule en français) situé sur la rive droite du Tibre au-dessus du Trastevere, fait lui aussi partie des principales collines de la Rome moderne.

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