Plages : Pourquoi des chioschi ont été détruits ou fermés ?

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Plage Fregene

Les beaux jours sont là et l’envie d’aller à la plage se fait de plus en plus présente. Vous y êtes d’ailleurs peut-être déjà allés lors d’un précédent week-end et vous vous êtes rendu compte (selon la plage que vous fréquentez) que le littoral avait changé, de nombreux chioschi (cabanons, paillottes) ayant été détruits ou fermés.

Les raisons de ce changement
Cela fait maintenant plus d’un an que des agents de contrôle aux compétences variées, police, carabinieri, guarda di finanza, capitainerie, inspecteurs du travail, inspecteurs sanitaires déferlent sur tout le littoral pour contrôler les cabanons et les établissements balnéaires.
Entre avril et mai, le génie militaire était en action pour détruire une dizaine de cabanons sur le littoral romain. Capocotta, la plage d’accès libre tant aimée des Romains ressemblait donc davantage à un chantier qu’à une agréable aire de baignade.
En plus des cabanons abattus, 25 autres n’ont pas pu renouveler leur concession en grande partie parce qu’ils présentaient des extensions abusives ou non conformes, ou encore accumulaient des impayés dans leurs loyers. Jamais une administration n’avait été aussi sévère jusqu’à présent.

Entre illégalité et utilité sociale
En réponse à ce déploiement de force de la municipalité d’Ostia, les gérants des établissements épinglés ont dénoncé beaucoup d’anomalies d’ordre administratif dans les appels d’offres ou les autorisations ou non de renouvellements de concessions. Pointés du doigt par le Municipio X pour activités illégales, certains gérants de plages libres mais équipées, généralement d’un cabanon qui fait office de bar, d’un parking, de toilettes et de douches, ont cherché à se défendre en mettant en évidence le sérieux de leur travail et leur utilité sociale. Selon eux, ils favorisent le travail des jeunes avec des emplois saisonniers, offrent des services aux personnes à mobilité réduite et, plus généralement, des services aux familles en assurant la propreté des plages. Ils se présentent comme des victimes de l’incompétence et de la bureaucratie, et déplorent l’absence de dialogue avec l’administration. La saison est déjà bien entamée mais beaucoup d’ombres planent encore sur les plages ensoleillées d’Ostia et de Capocotta.

Et les baigneurs dans tout ça ?
Sur les réseaux sociaux deux mouvements spontanés sont nés en défense des cabanons : une pétition (Capocotta, unaspiaggia libera) signée par 6000 citoyens et une chaîne humaine (I love Capocotta) organisée sur la plage de Capocotta. Honnêtes ou non, les baigneurs constatent simplement que les gérants de cabanons offrent les services minimaux comme la propreté des plages ou les toilettes à accès libres que l’administration compétente ne garantit pas toujours, voire pas du tout.

À quoi s’attendre pour cet été ?
Pour la saison 2016, les nouvelles règles, si elles sont appliquées, exigent qu’il y ait le long du littoral une ouverture tous les 200 mètres pour le libre accès des baigneurs à la plage publique. Cet accès doit être annoncé tous les 100mètres par des panneaux indicatifs. Les établissements balnéaires ont l’obligation de permettre aux personnes cherchant un coin de plage à accès gratuit de traverser leur structure s’il n’existe pas de passage alternatif. En outre, ils ont l’interdiction d’afficher les tarifs de leurs services sur la voie publique ou sur le passage d’accès à la mer.
D’autre part, si les plages privées et les cabanons disparaissent, les habitués des plages d’Ostia devront aussi renoncer à la figure, si courante en Italie, même quand la mer est calme, du bagnino (maître-nageur souvent salarié de la plage privée) qui a pour vocation de garantir la sécurité des baigneurs.