Samedi 25 Mars : Les 60 ans du traité de Rome

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Traite rome 1957

Des festivités dans un contexte délicat
Le 29 mars 2017, le gouvernement britannique activera l’article 50 du traité de Lisbonne qui déclenchera officiellement les procédures de divorce avec l’Union Européenne. Hasard du calendrier, quatre jours auparavant, auront lieu les célébrations des 60 ans du traité de Rome sans Theresa May donc, la Première ministre anglaise. Les commémorations semblent donc tomber au pire moment. En effet, Le Brexit n’est malheureusement pas la seule ombre au tableau. L’Europe n’a jamais été aussi chahutée, les partis populistes eurosceptiques attaquent tous les jours cette Union considérée comme injuste, pro-allemande, ultra libérale, faite de bureaucrates éloignés des préoccupations des citoyens. En Italie, le parti de Beppe Grillo, le Mouvement 5 étoiles, jugé eurosceptique, est crédité selon un tout dernier sondage de 32,3 % (IPSOS PA – Corriere della Sera – 03/2017) des suffrages en vue des élections législatives de 2018.

Relancer l’Union Européenne
Pour les protagonistes de cette cérémonie, c’est au contraire l’occasion de relancer l’idée d’Union Européenne, de proclamer son unité et son avenir commun face au Brexit et aux menaces de Grexit, Italexit voire Frexit. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne a dévoilé un livre blanc au parlement européen en y proposant 5 pistes d’avenir pour l’Union qui seront discutées à Rome en compagnie des chefs d’Etats et de gouvernements européens. Ce sera aussi l’occasion d’annoncer une déclaration solennelle. Les 27 se diront « déterminés à rendre l’Union plus forte et plus résistante, grâce à une plus grande unité et solidarité entre nous ».

Le 25 mars 1957
Les rencontres auront lieu dans la salle des Horaces et Curiaces des musées Capitolini, rénovée pour l’occasion et lieu de signature du traité de Rome instituant la Communauté économique européenne (CEE) le 25 mars 1957. A l’époque, 6 pays s’étaient lancés dans l’aventure, la France, l’Allemagne, l’Italie et les trois pays du Benelux. Ces pays sont alors parvenus à s’entendre pour se construire un avenir commun, presque un miracle, à peine une décennie après la fin de la seconde guerre mondiale et alors que les ressentiments nationaux existaient encore.
Dans le préambule du traité étaient énoncés les différents objectifs à atteindre dont ceux « d’une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens et « de sauvegarder la paix et la liberté ».

« Roma blindata »
carte manifestations rome traitéEn marge des rencontres officielles, une marche pour l’Europe est organisée, elle regroupera différentes associations pro-européennes et sera précédée d’un forum de débat sur le thème «Reconstruire une vision, regagner la confiance, relancer l’unité», en présence de nombreuses personnalités comme Romano Prodi, ancien président du Conseil et de la Commission européenne. Comme dans chaque rassemblement de dirigeants européens, des manifestations hostiles sont prévues par le Parti communiste sur le Piazzale Tiburtino, par Fratelli d’Italia à Largo Angelicum et par le collectif Euro-Stop en direction de la Bocca della Verità. Des débordements sont également à prévoir suite à la venue probable de centaines de militants « Black block » connus pour leurs manifestations aux allures insurrectionnelles comme à Gênes en 2001 lors du G8. La ville de Rome sera sous tension ce week-end, des zones autour de la Piazza Venezia (Blu Area) seront bouclées, où il sera strictement impossible de s’aventurer en voiture et à pied. Autour de la via Nazionale (Green Area), des contrôles d’identité seront réalisés dans le cadre des mesures anti-terrorisme.
Cette journée sera enfin un test pour le gouvernement italien qui sera chargé d’organiser le prochain G7 qui se tiendra en mai prochain à Taormina (Sicile).