Oiseaux : Les merveilles du ciel romain

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    Incroyable mais vrai… vous vous promenez dans un parc romain quand, juste au-dessus de vous, passe un perroquet d’un vert émeraude lumineux qui va rejoindre ses comparses très bruyants au sommet d’un grand arbre ! Non, vous n’avez pas rêvé ! 

    Avec ces belles journées de printemps, alors que l’on profite pleinement de ces belles journées chaudes, les oiseaux romains sont partout. Nous ne résistons pas à publier à nouveau l’article écrit après avoir rencontré Alessio Petretti, avocat romain, passionné par les oiseaux. Il a répondu à nos interrogations sur ce qui se passait dans le ciel romain… Et ces cieux romains nous réservent de nombreuses surprises !

    C’est ainsi que nous apprenons que les perroquets croisés Villa Borghese peuvent être :

    • Des parrocchetti dal collare (perruches à collier), verts et jaunes avec du gris autour du cou, qui viennent d’Afrique ou d’Asie.
    • Ou des parrocchetti monaco (perruches moine), qui sont d’un vert un peu plus foncé avec du gris sur la poitrine, originaires d’Amérique du Sud.

    perruchesmoines

    Perruches moines 

    • Plutôt grands, ils mesurent une quarantaine de cm, ils ont un vol rapide et droit.
    • Il s’agit certainement à l’origine d’animaux qui vivaient en captivité, et qui, il y a une dizaine d’années, se sont échappés de leurs cages, et ont réussi à s’adapter à la vie romaine.
    •  A Rome, ils ont trouvé un climat agréable, même en hiver, puisque ce sont des oiseaux qui supportent le froid et s’accommodent parfaitement du climat romain.
    • Ils trouvent également très facilement à se nourrir, avec les nombreuses baies et fruits que leur offrent les arbres romains.
    • Depuis deux ans, on en voit beaucoup, par groupe de 10 ou 15, qui sifflent et jacassent. Ils ont colonisé les parcs romains.
    • Au printemps, comme c’est la période de la reproduction, puis de la nidification, ils sont plutôt plus isolés et également plus silencieux.
    • Les perruches à collier font leur nid dans des cavités, des trous dans les arbres ou sous les toits, quand les perruches moines construisent, elles, des nids « coloniaux » : jusqu’à 20 oiseaux construisent ensemble, avec des branches et des brindilles, un nid pouvant peser jusqu’à 200kg, où chaque couple a son entrée et sa cavité.

    Cette photo de nid colonial a été prise par Luigi lors d’une balade dans le parc de la Caffarella.

    luigiparcodellacaffarella

    Mais en levant le nez, vous en trouverez également un dans la pinède de la Porte San Pancranzio, à l’entrée de la Villa Doria Pamphili ou à la Porta San Paolo (Piramide).

    • On peut imaginer à terme que la présence des ces oiseaux sera nuisible à d’autres espèces implantées depuis plus longtemps. Car les parrocchetti se nourrissent aussi volontiers des oeufs des autres espèces d’oiseaux qui leur apportent toutes les protéines dont ils ont besoin…

    Alessio répondant volontiers à nos questions, nous en avons profité… C’est ainsi que nous en savons aussi davantage sur ce nous prenions pour des mouettes qui nous réveillent la nuit, et que nous trouvons insolites à 30 km de la mer.

    Ce sont en fait des goélands argentés (gabbiani reali), ce nom est beaucoup plus chic !

    2012-02-17_Gabbiano_a_Roma

     

    • On les trouve d’habitude sur les îles méditerranéennes.
    • Ils ont fait des incartades sur le continent et y ont découvert qu’il y était possible d’y trouver facilement de la nourriture, notamment dans les décharges.
    • Comme il leur est facile de faire leur nid en ville, notamment sous les toits, ils ont progressivement cessé leurs allées-venues et se sont installés à Rome.
    • Ils sont nombreuses aujourd’hui à n’avoir jamais vu la mer !
    • Le goéland argenté est un chasseur redoutable, particulièrement efficace, qui s’attaque à d’autres oiseaux en plein vol. Il charge, blessant en plein vol sa proie, qui tombe et qu’il récupère au sol ; il la dépèce sur place ou la porte dans son nid si elle n’est pas trop lourde.
    • Il s’attaque en particulier aux pigeons, ce qui peut expliquer que ces derniers ne se développent pas plus à Rome (alors que ce sont des oiseaux qui font 2 ou 3 couvées par an).

    Alessio pense qu’il y a une autre raison de la non-prolifération de pigeons, ce sont les faucons pèlerins ! Voilà une autre surprise que nous réserve le ciel romain !

    Peregrine_Falcon_(Falco_peregrinus)_(13)

    • Il y en a 4 ou 5 couples à Rome, dans les Thermes de Caracalla, ou près de l’Université.
    • Tous les hivers, il y en a un qui s’installe sous la coupole de Sant’Agnese (Piazza Navona).
    • Ils se nourrissent de pigeons et de merles.

    Et nous en savons également davantage sur ce que nous réservera l’automne : nous pourrons admirer de magnifiques vols de milliers d’étourneaux (storni), dès le mois d’octobre au-dessus de Rome.

    • Ces oiseaux apprécient la température légèrement plus chaude en ville qu’à la campagne, et envahissent les longues allées de platanes du Lungotevere.
    • Pourtant la ville les chasse, parce qu’ils sont nuisibles.
    • En plus du bruit terrible qu’ils font en groupe, leurs fientes provoquent des dégâts importants sur les véhicules, trottoirs (qui deviennent extrêmement glissants par temps de pluie) et sur les monuments.
    • En novembre, déjà ils repartent.
    • Allez… on ne résiste pas au plaisir de vous remontrer un petit film montrant un ballet d’étourneaux sur les toits de Rome filmé depuis le Janicule.

     


    Maintenant que nous sommes un peu plus au fait de ce qui se passe au-dessus de nous – un grand merci à Alessio – , nous allons regarder le ciel plus attentivement. On y verra de nombreux merles, et corneilles (grises et noires), mais Alessio nous assure que l’on devrait voir aussi des pics verts ou rouges (à la Villa Borghese, Villa Pamphili, Villa Ada), des cormorans en hiver (qui s’installent sur le pont cassé de l’île tibérine), des milans noirs (petits rapaces) qui survolent le Tibre pour pêcher et qui s’installent vers la Magliana ou plus au nord vers la Flaminia. Et l’on peut également suivre les flux migratoires et regarder passer des canards sauvages, des grues et des cigognes. Quel spectacle !

     

    Photo en haut de l’article : perruches à collier.  Photos wikipédia.