A la découverte du Rione VII : Regola

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Rione VII Regola

Le rione Regola fait partie de cette grande zone dévolue pendant l’Antiquité aux exercices militaires et appelée le Champ de Mars en référence au Dieu de la guerre. Le toponyme de « Regola » viendrait de déformations successives du mot « rena » ou « arena » qui désigne le sable marin : le Tibre était, en effet, bordé par une plage de sable jusqu’au XIXème siècle. C’est encore ce terme là qui donne le nom à la Via Arenula, qui relie le pont Garibaldi au Largo Argentina. La place du Campo de’ Fiori est à cheval entre le VIème rione (Parione) et le VIIème qui nous intéresse ici.

Historique du quartier
Rione VII RegolaÀ l’époque romaine, la zone du campo de’ Fiori n’était traversée que par une route qui reliait le pont Trionfale, situé au-delà de l’actuel pont Sant’Angelo, au pont Aurelio construit par Caracalla, aujourd’hui pont Sixto. Seul le Circus Flaminius, inauguré en 221 av. J.-C., s’élevait sur ce vaste champ, régulièrement inondé par les eaux du Tibre mais il ne reste aujourd’hui presque aucun vestige de ce cirque.

Entre les rioni Parione et Regola, le théâtre de Pompée comprenait une curie où fut assassiné César en 44 av. J.-C. et dont on peut encore voir les vestiges dans l’Area sacra du Largo Argentina. Des ruines du Temple de Venus sont visibles sous le palais Righetti rue del Biscione.

Ce serait du nom de la fiancée de Pompée, Flore que dériverait le toponyme de Campo de’ Fiori, mais certainement aussi parce qu’il s’agissait d’un véritable champ de fleurs avant que la place ne soit pavée au XVème siècle.

Au Moyen Âge, le tissu urbain se développe sur le terrain du Champ de Mars avec la construction d’églises et hospices pour les pèlerins. En effet, le quartier est pour les chrétiens un passage obligé pour se rendre de la tombe présumée de Saint Pierre au Vatican au palais épiscopal de Saint-Jean-de-Latran. Notons l’hospice de la place Trinità dei Pellegrini, les résidences pour les fidèles de nationalité espagnole et pour les Napolitains dans la belle via di Monserrato. Citons aussi l’hospice des Suédois fondé par Sainte Brigitte, figure importante de l’histoire du quartier. Une église lui est dédiée place Farnèse, où elle mourut.

Pendant la Renaissance, le pape Jules II détruit de nombreux édifices pour aménager la via Giulia, qui reste l’une des plus belle rue de Rome encore de nos jours. De magnifiques palais sont construits au XVIème siècle (palais Falconieri, palais Farnèse, palazzetto Cenci-Bolognetti, palais Capodiferro-Spada). Par ailleurs, pour répondre aux exigences des grandes familles installées à Regola, l’artisanat se développe, comme en témoignent aujourd’hui les rues qui portent des noms de métiers (cappellari, ballauri, giubbonari respectivement fabricants de chapeaux, malles et manteaux). Campo de’ Fiori devient tellement fréquenté qu’il est choisi par les autorités pour les exécutions, triste preuve en est le nom donné à la rue qui relie la place Farnèse au Campo de’ Fiori, via della Corda. En 1600, Giordano Bruno y est brûlé vif, victime du renforcement de l’inquisition au moment de la Contre-réforme.

D’autres profondes transformations adviennent à partir de 1870 quand Rome devient capitale de la République italienne : les berges du Tibre sont aménagées (en 1887) ; la via Arenula est percée (en 1886) reliant ainsi le Largo Argentina au Trastevere par le pont Garibaldi. Pour autant, les alentours de Campo de’ Fiori conservent en grande partie leur caractéristique médiévale, avec des rues très étroites qui débouchent sur de grandes places de la Renaissance.

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Le rione Regola aujourd’hui…
Si les environs de Campo de’ Fiori étaient jusque dans les années 1970 une zone laissée à l’abandon où prospéraient la prostitution et la drogue, c’est aujourd’hui l’une des rares places de Rome qui connaît une animation permanente. Elle se réveille au rythme des fourgonnettes qui livrent fruits et légumes pour le marché qui se prolonge jusqu’à 14h. Les terrasses des cafés s’emplissent et se désemplissent au gré de l’ensoleillement. On y trouve encore de bonnes tables, de la pizzeria à l’ambiance familiale au restaurant étoilé Michelin.