24 juin : ouverture annuelle de l’église San Giovanni Battista Decollato

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Eglise San Giovanni Battista Decollato

Découvrez cette église, seulement ouverte gratuitement et sans réservation le 24 juin (9h30 à 12h30), jour de la fête de la Saint Jean Baptiste. L’église de San Giovanni Decollato a été commencée à la fin du XVéme siècle et achevée en 1552. Connue pour son appartenance à la confrérie de San Giovanni, fondée par de pieux florentins pour assister les condamnés à mort. Chaque année, ils avaient le privilège de libérer l’un d’entre eux lors d’une cérémonie solennelle. Parmi ses membres figurait notamment Michel-Ange. L’église tire son nom du tableau de Giorgio Vasari intitulé « La décapitation de saint Jean ».

Avant de vous déplacer, vérifiez sur leur site internet ou en téléphonant au +39 06 679 1890 qu’elle soit bien ouverte (et à cet horaire) ce 24 juin.

L’histoire de l’église de San Giovanni Decollato

Vous trouverez cette église du XVIéme siècle au pied du Campidoglio. Elle a été construite après 1490 sur le site de l’ancienne église de Santa Maria de Fovea. Achevée au milieu du XVIéme siècle, elle a été reconsacrée par le pape Benoît XIII en 1727 et a fait l’objet d’une nouvelle restauration en 1888.

L’église de San Giovanni Decollato a une histoire très particulière. Elle a en fait été construite par l’Arciconfraternita della Misericordia, un groupe de laïcs florentins vivant à Rome qui étaient chargés d’assister et d’accompagner les condamnés à la potence et d’enterrer leurs corps.

blankFondée en 1488, l’Archiconfrérie comptait parmi ses membres des personnalités célèbres telles que Michel-Ange et Vasari ainsi que les papes Clément VIII, Urbain VIII et Clément XII.

À partir de 1540, elle a obtenu le privilège de libérer un condamné à mort par an. Parmi ses « patients » les plus célèbres, comme on appelait les condamnés, figurait Giordano Bruno, qui fut brûlé sur le bûcher à Campo dei Fiori en 1600.

À l’extérieur, l’église est plutôt simple, avec une façade en briques et un portail surmonté de l’inscription « Per misericordia » (Pour la miséricorde). L’intérieur comporte une seule nef avec trois niches avec des autels de chaque côté et des fresques réalisées par des artistes toscans de la fin du XVIème siècle.

Le splendide plafond à caissons est décoré de croix florentines et de lys, tandis que la tête de saint Jean Baptiste est représentée au centre. Le presbytère est orné d’un retable de Giorgio Vasari, « La décapitation du Baptiste », entre deux colonnes de marbre.

La décoration du presbytère en marbres précieux, stucs et dorures date du XVIIIéme siècle, la même époque que le sol en marbre polychrome de l’église.

Du vestibule d’entrée on passe dans l’oratoire, qui est inclus dans le corps de l’église et le cloître pour former un seul complexe architectural.

La pièce est entièrement décorée d’un cycle de fresques illustrant la vie de saint Jean-Baptiste. Par leur style, les figures ressemblent à celles de la chapelle Sixtine. Elles on été réalisées par l’un des plus célèbres artistes maniéristes florentins de l’époque dont Jacopino del Conte, Francesco Salviati et Pirro Ligorio.

La figure barbue de la Visitation a été identifiée comme un portrait de Michel-Ange. Sur le côté droit, la belle fenêtre factice de Salviati est surmontée de festons de fleurs et de fruits, dont certains proviennent du Nouveau Monde récemment découvert.

Entouré sur trois côtés par un portique rappelant l’architecture de la Renaissance florentine, le cloître est décoré de deux autels jumeaux en bois, probablement conçus par Michel-Ange. Au sol se trouvent encore les sept trappes (six pour les hommes et une pour les femmes) par lesquelles on descendait les corps des exécutés, recouvertes par des plaques de marbre sur lesquelles était écrit : « DOMINE CUM VENERIS JUDICARE NOLI NOS CONDEMNARE » (« Seigneur, quand tu viendras me juger, ne me condamne pas »).

Un escalier raide dans l’un des portiques mène à la chambre historique de l’archiconfrérie qui conserve parmi ses reliques le panier où est tombée la jeune tête de Béatrice Cenci, la condamnation à mort de Giordano Bruno, le grand crucifix qui ouvrait la procession vers la potence et le brancard sur lequel les frères ont porté le corps du condamné.